Fats Waller

1904 - 1943

Thomas Fats Waller young


Le jeune Fats sera d'abord sensibilisé à la musique en écoutant de l'orgue à l'église. Son père étant pasteur, il apprendra très tôt à en jouer et c'est la pratique de cet instrument complexe qui lui permettra d'acquérir une très bonne précision dans son jeu de piano. Il restera d'ailleurs attaché a l'orgue toute sa vie. Il est le premier à avoir intégré cet instrument dans le jazz.

Il perd sa mère à 16 ans et, suite à une brouille avec son père, fugue et vira un temps chez le pianiste James P. Johnson, grande figure pianistique de Harlem qui lui donnera de solides leçons de piano. Il obtient son premier engagement à 15 ans comme organiste dans un théâtre. Sa toute première séance d'enregistrement a lieu en 1922, alors qu'il a 18 ans et il grave ses premier solos de piano (Muscle Shoals Blues and Birmingham Blues). Fats se sent déjà très à l'aise dans les studios d'enregistrement et on perçoit clairement une aisance technique et artistique.


Saint Louis Blues - (organ, 1926)


Fats Waller at the organ

Par la suite, Fats va accompagner plusieurs chanteuses de blues et produire des Piano Rolls, très populaires à l'époque où le disque n'était pas encore très répandu. Sa rencontre avec le parolier Andy Razaf sera déterminante, et ils formeront un duo prolifique dans la composition de chansons. Ils leur arrivaient au début de leur carrière de revendre pour des broutilles des compositions qui deviendront d'énormes succès. Ainsi, plusieurs standards célèbres sont supposés être de sa composition.

Dans les années 1920, les disques de piano avaient beaucoup de succès bien que l'instrument soit difficile à enregistrer. Fats sera invité à graver une belle série solos en 1929. Ces sessions d'enregistrement ont laissé quelques compositions originales parmi les plus célèbres du pianiste : Handful of Keys, Sweet Savannah Sue, Smashing Thirds, Valentine Stomp, Numb Fumblin'.

Fats Waller & His Rhythm


En 1934 Fats fonde sa propre formation "Fats Waller & His Rhyhtm", avec lequel il connaîtra un immense succès. Très bon leader d'orchestre par son énergie et sa vitalité, Fats se produira jusqu'à la fin de sa vie avec cette même formation et enregistrera plus de 400 titres. Fats devient un musicien de premier plan et ses apparitions à la radio sont nombreuses. Il fut l'un des premiers afro-américains à disposer d'une émission radiophonique régulière. De son vivant Fats Waller, bien que très apprécié du public pour sa spontanéité et son humeur, était plus considéré comme un clown et un amuseur de scène que comme un réel musicien. Il a été le premier affecté par ce manque de considération. Heureusement, les nombreux enregistrements qu'il a laissé nous montrent à quel point il était un pianiste fabuleux, un mélodiste très créatif qui a laissé quelques belles pages de poésie musicale.


Go Down Moses (radio Broadcast, C.1941)


Fats Waller Smiles


Comme beaucoup d'autres génies, Fats Waller a disparu bien trop tôt emporté par une pneumonie un soir de décembre, dans un train qui le ramenait de la côte ouest. Il aura mené une vie intense dans laquelle ses nombreux excès sont sans doute responsables de sa disparition prématuré. Fats Waller reste l'un des jazzmen les plus emblématiques. Avec lui, la perfection du phrasé, l'originalité, le swing semblent d'une évidence déconcertante : une main gauche de fer soutenant une solide rythmique, de l'audace, de l'imagination, ou très souvent des loufoquerie se laissent entendre par dessus les riffs tissés au clavier, voila ce qui caractérise cette personnalité unique dans l'histoire du Jazz.



Partitions de Fats Waller